{"id":29,"date":"2014-11-24T15:41:00","date_gmt":"2014-11-24T14:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/thibaudleplat.wordpress.com\/2014\/11\/24\/lamour-du-risque"},"modified":"2025-02-10T21:17:23","modified_gmt":"2025-02-10T21:17:23","slug":"lamour-du-risque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/2014\/11\/24\/lamour-du-risque\/","title":{"rendered":"L\u2019amour du risque"},"content":{"rendered":"<div dir=\"ltr\" style=\"text-align:left;\">\n<div class=\"separator\" style=\"clear:both;text-align:center;\"><a href=\"http:\/\/www.sofoot.com\/IMG\/img-nice-barca-1416836192_620_400_crop_articles-192353.jpg\" style=\"margin-left:1em;margin-right:1em;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.sofoot.com\/IMG\/img-nice-barca-1416836192_620_400_crop_articles-192353.jpg\" height=\"412\" width=\"640\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><b><\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Depuis des ann\u00e9es on s\u2019arrache les cheveux. Nos clubs sont trop pauvres, nos supporters trop exigeants, nos stades trop petits. Ce triste Nice-Reims a r\u00e9veill\u00e9 un des vieux fant\u00f4mes de la Ligue 1 : l\u2019amour du match nul.<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00c0 Nice, c\u2019est quand l\u2019hiver est sur le point de commencer que d\u00e9bute v\u00e9ritablement la saison. Ville de vill\u00e9giatures et de perdition des aristocraties europ\u00e9ennes depuis la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, c\u2019est quand l\u2019automne est tomb\u00e9 sur le reste de l\u2019Europe qu\u2019elle recueille dans la douceur de son climat et la lumi\u00e8re de son soleil bienveillant, les visiteurs aux \u00e2mes fatigu\u00e9s et aux poches bien pleines. Le long de la promenade des anglais, ils se tra\u00eenent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la baie des Anges, se risquant m\u00eame parfois \u00e0 fouler les galets irr\u00e9guliers de cette plage install\u00e9e en centre-ville. Et ce n\u2019est qu\u2019une fois le soleil couch\u00e9, qu\u2019ils arrivent enfin \u00e0 destination. Apr\u00e8s 15 kilom\u00e8tres de d\u00e9ambulation au bord la baie coinc\u00e9e entre des h\u00f4tels de luxe et le ressac minuscule d\u2019une mer aussi bleue qu\u2019intrigante, ils s\u2019installent enfin aux tables de jeux des casinos. C\u2019est l\u2019heure de miser leur date de naissance, de mariage ou de veuvage. L\u2019ivresse n\u2019est pas dans les gains, il est dans la mise. C\u2019est ici, que samedi soir, dans la capitale de la Riviera fran\u00e7aise, les \u00e2mes les plus nostalgiques reconnurent imm\u00e9diatement en cette affiche Nice-Reims, les traces d\u2019un pass\u00e9 glorieux et une bonne raison de miser sur le football plut\u00f4t que les machines \u00e0 sous. C\u2019\u00e9tait les ann\u00e9es cinquante b\u00e9nies du football fran\u00e7ais, celles du Champagne, du Racing, de Vignal, de Justo, de Vic Nuremberg. Il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire d\u2019avoir mille ans pour se rappeler qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque l\u2019OGC Nice et le Stade de Reims se disput\u00e8rent chaque saison pendant dix ans les titres de champion et la seule place fran\u00e7aise en Coupe d\u2019Europe. C\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 les ballons n\u2019\u00e9taient pas toujours tr\u00e8s ronds, o\u00f9 les chaussures filaient des ampoules quand elles \u00e9taient trop neuves, c\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 Nice c\u2019\u00e9tait le Real et Reims le Bar\u00e7a.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La faute \u00e0 Footix<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les ann\u00e9es glorieuses disparues depuis trop longtemps, ils sont nombreux d\u00e9sormais \u00e0 en vouloir indistinctement \u00e0 notre Ligue 1, \u00e0 toutes ces taxes qui \u00ab<i>\u00e9touffent<\/i>\u00bb les clubs fran\u00e7ais, aux supporters qui ne consomment pas assez, \u00e0 nos pelouses pas assez vertes, \u00e0 ces Footix de ne rien y conna\u00eetre, bref \u00e0 toutes ces choses, \u00e0 tous ces gens, qui emp\u00eachent le football gaulois de s\u2019exprimer et de s\u2019\u00e9panouir en Europe. Hier soir apr\u00e8s avoir avoir fait perdre leur soir\u00e9e \u00e0 plusieurs milliers de personnes (0-0, on ne reviendra pas sur l\u2019absence d\u2019occasion, la multitude de fautes, l\u2019indisposition du public), et plut\u00f4t que de reconna\u00eetre l\u2019indigence de spectacle propos\u00e9, les joueurs ont tenu \u00e0 d\u00e9fendre leur bilan face \u00e0 ces spectateurs vraiment trop tatillons <i>\u00abOn se fait siffler, alors qu\u2019on est dixi\u00e8me. Ce n\u2019\u00e9tait pas la culture du public du Ray, c\u2019est peut-\u00eatre celle de celui de l\u2019Allianz\u00bb <\/i>se permit m\u00eame Alexy Bosetti, 21 ans. C\u2019\u00e9tait donc la faute du nouveau stade si, apr\u00e8s une heure de jeu pass\u00e9e \u00e0 se pr\u00e9cipiter, \u00e0 rater des transversales, Claude Puel sortit ses deux attaquants les plus talentueux (Bosetti et Cvitanich) pour les remplacer par deux milieux en manque de temps de jeu (Albert puis Vercauteren). Ils peuvent toujours clamer qu\u2019ils avaient voulu jouer <i>\u00abplus vertical\u00bb, <\/i>comme Puel marmonna \u00e0 la fin de ce match, mais pendant 30 minutes \u00e0 domicile, le Gym joua sans joueur offensif, c\u2019est-\u00e0-dire sans ambition.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Le Rayo en Ligue 1<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Bien s\u00fbr, le Gym n\u2019a que 40 millions d\u2019euros de budget annuel \u00e0 d\u00e9penser, il faut savoir profiter des choses simples, d\u2019un point r\u00e9colt\u00e9 ici ou l\u00e0 et, quand le printemps arrivera, se sauver h\u00e9ro\u00efquement de l\u2019enfer aux derni\u00e8res journ\u00e9es. Bosetti d\u2019en rajouter <i>\u00abOn n\u2019est pas le Real Madrid\u00bb<\/i>. Certes, mais l\u2019ambition est-elle une question d\u2019argent ? Combien faut-il de z\u00e9ro align\u00e9s sur un compte bancaire pour aimer se passer le ballon, prendre des risques, r\u00e9chauffer le public clairsem\u00e9 un samedi soir d\u2019automne ? Les nouveaux stades se rempliront-ils \u00e0 coup de r\u00e9alisme grognon ? S\u2019il suffisait d\u2019augmenter les budgets pour \u00eatre ambitieux, le championnat espagnol aurait disparu depuis longtemps et le Rayo Vallecano (12\u00e8me de la Liga avec 7 millions d\u2019euros de budget l\u2019an pass\u00e9, 14 cette ann\u00e9e) ne serait pas l\u2019\u00e9quipe europ\u00e9enne qui, derri\u00e8re le Bar\u00e7a et le Bayern, b\u00e9n\u00e9ficie des meilleurs statistiques de possession et d\u2019occasions g\u00e9n\u00e9r\u00e9es. Il n\u2019y a que les pauvres, les vrais, qui ont le droit de donner des le\u00e7ons d\u2019ambition, pas les ti\u00e8des. Paco Jemez, entraineur du Rayo \u00e0 500 000 euros annuels nets (soit moins de la moiti\u00e9 de Puel) <i>\u00abc\u2019est la premi\u00e8re fois dans le football moderne qu\u2019un club a un budget aussi r\u00e9duit que le n\u00f4tre, mais bon&#8230; L\u2019id\u00e9e qu\u2019on a essay\u00e9 de mettre dans la t\u00eate de nos joueurs c\u2019\u00e9tait qu\u2019ils ne croient rien de ce qu\u2019on dit d\u2019eux au-dehors. Tout le monde disait qu\u2019on serait les premiers \u00e0 descendre en D2. Si on l\u2019avait cru, on serait descendu. Notre grande r\u00e9ussite c\u2019est de nous fixer nous-m\u00eame nos objectifs et voir jusqu\u2019o\u00f9 nous sommes capables d\u2019aller. Voil\u00e0 pourquoi tout le monde a bien fonctionn\u00e9 : personne n\u2019a cru que nous avions le plus faible budget.\u00bb<\/i><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Apprendre \u00e0 perdre<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00c0 force de r\u00e9p\u00e9ter qu\u2019il vaut mieux ne pas gagner plut\u00f4t que de perdre et se \u00ab<i>contenter,<\/i> avec Puel, <i>d\u2019un point pris dans l\u2019adversit\u00e9\u00bb<\/i> \u00e0 domicile, plut\u00f4t qu\u2019un match \u00e0 la hauteur de l\u2019histoire glorieuse de ces deux monuments du foot gaulois (aucun 0-0 entre ces deux clubs en 50 ans de confrontations) on finira peut-\u00eatre un jour par se sentir coupable d\u2019aimer autant le risque. Quand ces tristes jours arriveront sur la Riviera, on soignera cette m\u00e9lancolie au Palais de la M\u00e9diterran\u00e9e. Entre deux machines \u00e0 sous, on y retrouvera Paco Jemez jetant ses derniers jetons dans la fente. Pour nous convaincre de miser sur nos derniers espoirs, il nous parlera probabilit\u00e9s avec des exemples de foot <i>\u00ab C\u2019est ce que je dis \u00e0 mes joueurs : les matchs nuls ne servent absolument \u00e0 rien ! Si le match termine par un nul, je suis aussi d\u00e9go\u00fbt\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s une victoire. L\u2019an pass\u00e9 nous avons termin\u00e9 avec 4 nuls et l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente avec 3 nuls. Les joueurs le savent : le jour o\u00f9 nous faisons 12 nuls, on descend en D2.\u00bb <\/i>Pour se sauver \u00e0 tous les coups, il faut miser sur 13 victoires en 38 matchs (dont 19 \u00e0 domicile). Point. Alors, samedi soir, comme pris de remords au moment o\u00f9 le quatri\u00e8me arbitre annon\u00e7ait 4 minutes de jeu suppl\u00e9mentaire, et apr\u00e8s avoir gaspill\u00e9 30 minutes de jeu en 4-4-2 contre une \u00e9quipe de Reims inoffensive, Puel fit entrer son second fils, Paulin, en attaque. \u00c9videmment, ce match indigne de l\u2019histoire de cette ville se conclut par l\u2019in\u00e9vitable col\u00e8re du public ni\u00e7ois lass\u00e9 de tant de prudence. Les vieux nissarts du Ray (et du Palais de la M\u00e9diterran\u00e9e) le savent bien; pour \u00eatre ambitieux nul besoin d\u2019\u00eatre le Real Madrid. Commen\u00e7ons par \u00eatre le Rayo Vallecano. Pour Puel, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e9norme.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><a href=\"http:\/\/www.sofoot.com\/l-amour-du-risque-192353.html\">http:\/\/www.sofoot.com\/l-amour-du-risque-192353.html<\/a><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<p><\/p>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis des ann\u00e9es on s\u2019arrache les cheveux. Nos clubs sont trop pauvres, nos supporters trop exigeants, nos stades trop petits. Ce triste Nice-Reims a r\u00e9veill\u00e9 un des vieux fant\u00f4mes de la Ligue 1 : l\u2019amour du match nul. \u00c0 Nice, c\u2019est quand l\u2019hiver est sur le point de commencer que d\u00e9bute v\u00e9ritablement la saison. 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