{"id":47,"date":"2014-07-14T11:42:00","date_gmt":"2014-07-14T10:42:00","guid":{"rendered":"https:\/\/thibaudleplat.wordpress.com\/2014\/07\/14\/a-lombre-des-heros"},"modified":"2025-02-10T21:17:24","modified_gmt":"2025-02-10T21:17:24","slug":"a-lombre-des-heros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/2014\/07\/14\/a-lombre-des-heros\/","title":{"rendered":"\u00c0 l\u2019ombre des h\u00e9ros"},"content":{"rendered":"<div dir=\"ltr\" style=\"text-align:left;\">\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Lundi 14 juillet 2014<\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Argentine-Allemagne (finale)<\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Victoire allemande<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"separator\" style=\"clear:both;text-align:center;\"><a href=\"http:\/\/www.sofoot.com\/data\/sofoot_articles\/186879\/bresil-enfant-larmes.jpg\" style=\"margin-left:1em;margin-right:1em;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.sofoot.com\/data\/sofoot_articles\/186879\/bresil-enfant-larmes.jpg\" height=\"426\" width=\"640\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"p1\"><\/div>\n<div class=\"p1\"><\/div>\n<div class=\"p1\"><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La Coupe du Monde 2014 c\u2019\u00e9tait hier. Il est temps de plonger dans notre m\u00e9moire et d\u2019organiser toutes ces images pour ne pas trop en oublier. Les souvenirs de la finale de la Coupe du Monde 2014 reposent sur les \u00e9tag\u00e8res les plus pr\u00e9cieuses de notre m\u00e9moire, celles de notre enfance.\u00a0<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Ce Mondial vient d\u2019entrer dans le coffre de nos vieux souvenirs d\u2019enfants. Quelques heures \u00e9taient pass\u00e9es mais il semblait d\u00e9j\u00e0 que ce f\u00fbt un si\u00e8cle qui nous s\u00e9parait du bon temps. C\u2019\u00e9tait hier et c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 il y a des ann\u00e9es. Quatre ans c\u2019est interminable quand on est encore un enfant. No\u00ebl est toujours dans trop longtemps et les grandes vacances de fin d\u2019ann\u00e9e sont toujours trop courtes. Patienter de septembre \u00e0 juin nous \u00e9tait impensable tellement la dur\u00e9e qui nous s\u00e9parait de la fin de l\u2019ann\u00e9e semblait infinie. Il allait se passer tellement de choses d\u00e9sagr\u00e9ables avant qu\u2019on soit tranquille : le premier, le deuxi\u00e8me, le troisi\u00e8me trimestre, les moyennes, les f\u00e9loches, les avertos. Il y aurait tellement de devoirs \u00e0 rendre qu\u2019on \u00e9tait m\u00eame pr\u00eats \u00e0 renoncer aux grandes vacances pourvu qu\u2019on \u00e9vit\u00e2t ainsi les probl\u00e8mes de maths et les dict\u00e9es. Quand on est enfant le temps ressemble \u00e0 un oc\u00e9an infranchissable rempli d\u2019interros surprises et de contr\u00f4le de maths. On en finit jamais de toutes ces le\u00e7ons \u00e0 apprendre, de toutes ces \u00e9preuves qu\u2019on nous inflige. Alors imaginez un peu, quand, apr\u00e8s quatre ans d\u2019\u00e9preuves, juste au d\u00e9but des vacances d\u2019\u00e9t\u00e9, arrivait un Mondial&#8230; L\u2019\u00e9v\u00e8nement prenait tout \u00e0 coup une importance mythologique.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Elle s\u2019appelait Sophie, Delphine ou D\u00e9borah<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">On se souvient de son premier mondial comme de sa premi\u00e8re amoureuse. On se souvient tr\u00e8s clairement que c\u2019est elle qui nous avait emmen\u00e9 derri\u00e8re ce platane et que c\u2019est elle aussi qui nous avait pris la t\u00eate \u00e0 deux mains et nous avait embrass\u00e9 la premi\u00e8re. Au d\u00e9but on avait trouv\u00e9 cela un peu d\u00e9gueu mais, apr\u00e8s quelques secondes pass\u00e9es \u00e0 tourner la t\u00eate comme dans les films, on avait fini par succomber \u00e0 sa ma\u00eetrise de l\u2019art de la galoche. Elle s\u2019appelait Sophie, ou Delphine ou D\u00e9borah. On ne souvient plus vraiment de son pr\u00e9nom. Mais il y a une une chose dont se rappelle tr\u00e8s bien. Il faisait tr\u00e8s chaud et c\u2019\u00e9tait la Coupe du Monde en Italie. Oui voil\u00e0, c\u2019\u00e9tait en 1990, la France n\u2019\u00e9tait pas qualifi\u00e9e mais \u00e0 vrai dire, on s\u2019en fichait un peu, on ne savait pas ce que voulait dire la France en Coupe du Monde. On n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 champion du monde. Cette ann\u00e9e-l\u00e0 nos h\u00e9ros s\u2019appelaient Gary Lineker, Chris Waddle, Carlos Valderrama, Roger Milla, Toto Squilaci et Diego Armando Maradona. On ne savait pas o\u00f9 \u00e9tait la Colombie ou le Costa Rica, on n\u2019avait jamais entendu parler de <i>Maracanazo<\/i>, du match de la honte ou de France-RFA 82, mais on savait que la finale se jouerait \u00e0 Rome et on avait absolument tout regard\u00e9 pour \u00eatre s\u00fbr de ne jamais rien oublier. M\u00eame les prolongations, alors que c\u2019\u00e9tait l\u2019heure d\u2019aller dormir. M\u00eame la finale Allemagne-Argentine, alors qu\u2019on n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas pour eux. C\u2019\u00e9tait le match d\u2019il y a 24 ans. Et c\u2019\u00e9tait aussi celui d\u2019hier.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Avoir 10 ans pendant un Mondial<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">De quoi se souviendront les petits qui ont regard\u00e9 le Mondial pour la premi\u00e8re fois cette ann\u00e9e ? Il y en avait plein les tribunes de Belo Horizonte pour Br\u00e9sil-Allemagne en demi-finale. Ils pleuraient comme si leurs parents les avaient abandonn\u00e9s au milieu d\u2019un centre commercial, comme si Neymar avaient \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par d\u2019\u00e9tranges monstres venus du ciel et l\u2019avait emport\u00e9 tr\u00e8s loin d\u2019ici. Quand on a 10 ans on sait ce que c\u2019est que d\u2019avoir le coeur bris\u00e9. Plus tard on prendrait un air attendri en riant de tous ces motifs futiles qui comme eux nous avaient fait pleurer \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Mais \u00e0 l\u2019instant de l\u2019enfance, toutes ces \u00e9liminations et tous ces drames sportifs, semblent insurmontables. Quand on a 10 ans, notre imagination n\u2019est pas assez vaste encore pour se figurer que, quatre ans plus tard, la m\u00eame comp\u00e9tition se reproduirait et qu\u2019il sera alors temps de prendre sa revanche. Il n\u2019y a que les grands qui se consolent en parlant de patience. Ils s\u2019imaginent que quatre ann\u00e9es \u00e0 attendre ce n\u2019est pas si grave. Mais quand on a 10 ans et que son \u00e9quipe vient de perdre 7-1 devant ses yeux, tout est beaucoup trop grave. Une peine d\u2019enfant est toujours inconsolable\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Kroos<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Notre imagination est <i>\u00abcomme un orgue de barbarie d\u00e9traqu\u00e9 qui joue toujours autre chose que l\u2019air indiqu\u00e9\u00bb<\/i> (M. Proust,<i> Du c\u00f4t\u00e9 de Guermantes<\/i>). Pour profiter de la beaut\u00e9 de cette m\u00e9lodie d\u00e9glingu\u00e9e il faut apprendre \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de tous ces r\u00e9sum\u00e9s et toutes ces images qu\u2019on impose \u00e0 notre m\u00e9moire. On ne r\u00e9sume pas son enfance en un clip de 2\u201930. Pour se souvenir correctement il faut se laisser aller \u00e0 la r\u00eaverie. Apprendre \u00e0 fl\u00e2ner dans le monde des sensations pass\u00e9s. Dans 4 ans, dans 8 ans, dans 12 ans, aucun r\u00e9sum\u00e9 n\u2019en parlera, mais on n\u2019aura certainement pas oubli\u00e9 la fa\u00e7on religieuse dont Toni Kroos, le joueur allemand au visage de premier communiant, posait son ballon sur la pelouse. Il le laissait sur le tapis vert\u00a0 au pied d\u2019un poteau de corner comme il l\u2019e\u00fbt fait d\u2019une offrande au pied d\u2019une Sainte Vierge imaginaire. Il est impossible d\u2019oublier cette fa\u00e7on d\u2019entamer cette course d\u2019\u00e9lan; quelques petits pas rituels pour entonner le rythme qu\u2019il faut, les yeux fix\u00e9s sur le cuir et la tronc quasi immobile, il amor\u00e7ait trois pas et frappait la balle comme on eut donner une tape dans le dos \u00e0 un copain un peu timide dans une cour de r\u00e9cr\u00e9. Sans lui on n\u2019aurait pas os\u00e9 abandonner la partie de foot sur le bitume pour se retrouver seule avec une fille qui se serait sans doute appel\u00e9e Sophie, Delphine ou D\u00e9borah. On n\u2019aurait pas voulu \u00eatre d\u00e9masqu\u00e9.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>L\u2019art de l\u2019hypot\u00e9nuse<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019\u00e9l\u00e9gance de Toni Kroos est un souvenir d\u00e9licat qu\u2019il faudra soigner comme on soigne encore les r\u00e9cits de nos meilleurs chahuts en cours de maths. La courbe du ballon frapp\u00e9 par le joueur allemand, ressemblait \u00e0 ces longues le\u00e7ons de g\u00e9om\u00e9trie o\u00f9, avec nos \u00e9querres, nos rapporteurs et nos compas, nous d\u00e9couvrions les sonorit\u00e9s \u00e9tranges de la terminologie scolaire : th\u00e9or\u00e8me de Pythagore, g\u00e9om\u00e9trie euclidienne, quadrilat\u00e8re et triangle isoc\u00e8le. <i>\u00abDans un triangle rectangle, le c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019angle droit est l\u2019hypot\u00e9nuse\u00bb<\/i>. On l\u2019avait soulign\u00e9 en rouge pour ne pas oublier d\u2019apprendre cette phrase de retour \u00e0 la maison. Toni Kroos \u00e9tait ce camarade sage et appliqu\u00e9 qui savait dessin\u00e9 des angles droits sans r\u00e8gle ni \u00e9querre. Sur ce corner \u00e0 la 46\u00e8me minute, le ballon \u00e9tait suffisamment bien bross\u00e9 pour tomber juste devant la cage de Romero tout en se maintenant, gr\u00e2ce \u00e0 cet effet ind\u00e9chiffrable, \u00e0 une distance inaccessible aux mains du gardien. Il n\u2019y avait qu\u2019\u00e0 entrer dans la balle pour provoquer l\u2019intersection de la trajectoire du ballon avec la ligne de but. Tandis que Toni Kroos venait de ressusciter le charme perdu de l\u2019hypot\u00e9nuse, nous d\u00e9couvrions \u00e0 nouveau la beaut\u00e9 nostalgique des triangles rectangles de notre enfance. \u00c0 la 47\u00e8me minute, H\u00f6wedes frappait le montant gauche de Chiquito Romero. Sur un coup de crayon, l\u2019Allemagne aurait pu \u00eatre championne du monde, comme en 1990.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Le monde selon Higua\u00edn<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Mais nous qui avions l\u2019exp\u00e9rience des finales de Coupe du Monde &#8211; on en avant vu d\u00e9j\u00e0 six ou sept &#8211; on savait tr\u00e8s bien qu\u2019on ne marquait pas un but dans un tel match en toute impunit\u00e9. Aussi facile que la conclusion d\u2019une action e\u00fbt pu sembler, un face \u00e0 face inattendu avec un gardien lors d\u2019une finale est une \u00e9preuve initiatique dont seul le h\u00e9ros exemplaire sortira sauf. C\u2019est peut-\u00eatre ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 Higua\u00edn \u00e0 la dixi\u00e8me minute quand, surpris par une passe en retrait manqu\u00e9e, il se trouva seul devant Neuer. La passe involontaire avait suivi une courbe parfaitement hyperbolique au-dessus de Hummels et tomba exactement dans les pieds de l\u2019Argentin. \u00c0 la finesse du trait on reconnut imm\u00e9diatement que Kroos en \u00e9tait encore le dessinateur. M\u00eame quand elles se trompaient de sens, ses lignes \u00e9taient fines et harmonieuses. Dans n\u2019importe quel autre match Higua\u00edn aurait contr\u00f4l\u00e9, attendu que le gardien sort\u00eet du but et marqu\u00e9 avec classe et sang-froid. Dans n\u2019import quel match, mais pas dans celui-l\u00e0.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La mal\u00e9diction bretonne<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Hier soir, juste au moment de frapper, il avait vu sa vie d\u00e9filer devant ses yeux. Un but en finale de coupe du monde est quelque chose d\u2019in\u00e9galable et dont il faut se montrer digne tout le reste de sa vie. Il faut avoir suffisamment de vanit\u00e9 pour s\u2019imaginer \u00eatre \u00e0 la hauteur d\u2019une telle destin\u00e9e. La peur de marquer, c\u2019est la peur de ne plus jamais \u00eatre \u00e0 la hauteur du souvenir que les autres auront de vous. C\u2019est toujours rappeler \u00e0 la moindre de vos h\u00e9sitations que si vous aviez marqu\u00e9 ce fameux but en finale de coupe du monde, c\u2019\u00e9tait la chance qui en \u00e9tait l\u2019auteur, pas votre talent. Ce que les autres pensent \u00eatre une b\u00e9n\u00e9diction est en r\u00e9alit\u00e9 un fant\u00f4me avec lequel il allait falloir composer jusqu\u2019\u00e0 la fin de votre existence de buteur maudit. St\u00e9phane Guivarc\u2019h, breton de naissance comme Higua\u00edn, vivait tranquille depuis ses deux \u00e9checs en finale de 98. Il avait su avant les autres que le seul capable de montrer plus tard \u00e0 la hauteur de deux buts marqu\u00e9s en finale de coupe du monde, c\u2019\u00e9tait Zizou, pas lui.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Marquer les esprits<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Voil\u00e0 pourquoi Palacio manqua \u00e0 son tour son face \u00e0 face. La m\u00e9moire collective n\u2019aurait jamais accept\u00e9 qu\u2019il f\u00fbt l\u2019auteur du but qui donn\u00e2t le troph\u00e9e au vainqueur. Pour avoir le droit d\u2019entrer dans les m\u00e9moires il faut la vanit\u00e9 des g\u00e9nies. Il faut \u00eatre Burrachaga, Brehme, Zidane, Ronaldo, Iniesta ou G\u00f6tze pour ne pas sentir sa colonne vert\u00e9brale vibrer au moment de se pr\u00e9senter seul devant le but. \u00ab<i>Quand Cesc Fabregas me passe le ballon, je sais exactement ce que je vais faire et je sais que je vais marquer\u00bb,<\/i> Iniesta le savait en 2010 comme Brehme en 90, Zidane en 98, Ronaldo en 2002, Iniesta en 2010, G\u00f6tze en 2014. Sch\u00fcrrle s\u2019enfon\u00e7a sur le c\u00f4t\u00e9 gauche, centra au premier poteau et, plut\u00f4t que de se pr\u00e9cipiter comme l\u2019aurait fait tous les autres mortels, il leva la t\u00eate, bomba le torse et contr\u00f4la de la poitrine. C\u2019est \u00e0 ce moment pr\u00e9cis qu\u2019il sut exactement ce qui allait arriver ensuite. Il marqua d\u2019une reprise du gauche et au moment de c\u00e9l\u00e9brer son but, n\u2019eut m\u00eame pas l\u2019air surpris. Il venait d\u2019inscrire un but qu\u2019on oublierait jamais et \u00e9tait fier de lui. C\u2019est dire comme il m\u00e9ritait d\u2019\u00eatre immortel.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La victoire de l\u2019exp\u00e9rience<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Quand le ballon franchit la ligne \u00e0 la 112\u00e8me minute, notre exp\u00e9rience nous dit que le match \u00e9tait fini. Il fallait \u00eatre un gosse pour croire qu\u2019il y aurait le temps de remonter le score puis de jouer une s\u00e9ance de tir au but. Si les gamins \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 jouer une finale aux penalties c\u2019est parce qu\u2019ils n\u2019avaient pas connu 1994 et 2006. Mais nous, nous avions grandi et nous avions vu Baggio et Tr\u00e9z\u00e9guet. Nous savions qu\u2019il valait mieux en rester l\u00e0. L\u2019Argentine avait quelques regrets mais l\u2019Allemagne semblait avoir m\u00e9rit\u00e9 sa victoire. Oui, quand on est grand on se met \u00e0 calculer et \u00e0 \u00e9valuer le degr\u00e9 de justice d\u2019une victoire sur une autre. Quand on est grand on se dit que l\u2019Allemagne est bon vainqueur parce qu\u2019elle avait propos\u00e9 du jeu, su s\u2019adapter, souffrir et patienter. La victoire de l\u2019Argentine e\u00fbt \u00e9t\u00e9 belle mais peut-\u00eatre la tristesse allemande nous aurait sembl\u00e9 trop inconsolable apr\u00e8s autant de finales et demi-finales perdues depuis 1996. Hier soir nous \u00e9tions heureux de ne pas \u00eatre un petit argentin de 10 ans qui, \u00e0 force d\u2019en entendre sur 86 et 90, avait fini par regretter de ne pas \u00eatre\u00a0 plus vieux.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La r\u00e9surrection de l\u2019enfance<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<p><\/p>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Aujourd\u2019hui le Mondial est termin\u00e9. Nous avons referm\u00e9 la chambre-forte du mus\u00e9e imaginaire qui maintient les plus belles images de note vie \u00e0 l\u2019abris des intemp\u00e9ries et des r\u00e9sum\u00e9s intempestifs. Elle sont dispos\u00e9es ici, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nos premi\u00e8res amours, de nos premi\u00e8res fois et de nos souvenirs de vacances. Dans quatre ans nous ouvrirons \u00e0 nouveau la porte pour constater comme le temps aura fait son travail et se sera charg\u00e9 d\u2019effacer les strates qui ne m\u00e9ritaient pas d\u2019\u00eatre conserv\u00e9es plus longtemps. Nous nous prom\u00e8nerons \u00e0 nouveau dans notre m\u00e9moire et, \u00e0 l\u2019ombre des h\u00e9ros de notre enfance, nous nous laisserons aller \u00e0 la nostalgie. C\u2019\u00e9tait l\u2019Italie en 90, les Etats-Unis en 94, le Japon en 2002, l\u2019Allemagne en 2006, l\u2019Afrique du Sud en 2010 et le Br\u00e9sil en 2014. Le Mondial, c\u2019\u00e9tait notre enfance qu\u2019on ressuscitait tous les quatre ans. Le Mondial c\u2019\u00e9tait hier.<\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><br \/><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><a href=\"http:\/\/www.sofoot.com\/a-l-ombre-des-heros-186879.html\" target=\"_blank\">http:\/\/www.sofoot.com\/a-l-ombre-des-heros-186879.html<\/a><\/span><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi 14 juillet 2014 Argentine-Allemagne (finale) Victoire allemande La Coupe du Monde 2014 c\u2019\u00e9tait hier. Il est temps de plonger dans notre m\u00e9moire et d\u2019organiser toutes ces images pour ne pas trop en oublier. Les souvenirs de la finale de la Coupe du Monde 2014 reposent sur les \u00e9tag\u00e8res les plus pr\u00e9cieuses de notre m\u00e9moire, &#8230; <a title=\"\u00c0 l\u2019ombre des h\u00e9ros\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/2014\/07\/14\/a-lombre-des-heros\/\" aria-label=\"Leer m\u00e1s sobre \u00c0 l\u2019ombre des h\u00e9ros\">Leer m\u00e1s<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","_vp_format_video_url":"","_vp_image_focal_point":[],"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[398,402,480,524,536,168,546,550,556,564,568,586,624,638],"class_list":["post-47","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog","tag-allemagne","tag-argentine","tag-gotze","tag-lineker","tag-maradona","tag-messi","tag-milla","tag-mondial-2014","tag-mulller","tag-neymar","tag-normal","tag-proust","tag-squilaci","tag-valderrama"],"uagb_featured_image_src":{"full":false,"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false,"vp_sm":false,"vp_md":false,"vp_lg":false,"vp_xl":false,"vp_sm_popup":false,"vp_md_popup":false,"vp_xl_popup":false},"uagb_author_info":{"display_name":"Thibaud Leplat","author_link":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/author\/admin4719\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Lundi 14 juillet 2014 Argentine-Allemagne (finale) Victoire allemande La Coupe du Monde 2014 c\u2019\u00e9tait hier. Il est temps de plonger dans notre m\u00e9moire et d\u2019organiser toutes ces images pour ne pas trop en oublier. Les souvenirs de la finale de la Coupe du Monde 2014 reposent sur les \u00e9tag\u00e8res les plus pr\u00e9cieuses de notre m\u00e9moire,&hellip;","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=47"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":911,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47\/revisions\/911"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=47"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=47"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=47"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}