{"id":63,"date":"2014-07-02T10:47:00","date_gmt":"2014-07-02T09:47:00","guid":{"rendered":"https:\/\/thibaudleplat.wordpress.com\/2014\/07\/02\/lallemagne-en-nous"},"modified":"2025-02-10T21:17:26","modified_gmt":"2025-02-10T21:17:26","slug":"lallemagne-en-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/2014\/07\/02\/lallemagne-en-nous\/","title":{"rendered":"L\u2019Allemagne en nous"},"content":{"rendered":"<div dir=\"ltr\" style=\"text-align:left;\">\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Mercredi 2 juillet 2014<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Journ\u00e9e de repos<\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">France-Allemagne (Quart de finale)<\/span><\/div>\n<div class=\"separator\" style=\"clear:both;text-align:center;\"><\/div>\n<div class=\"separator\" style=\"clear:both;text-align:center;\"><a href=\"http:\/\/www.sofoot.com\/IMG\/img-la-rfa-82-1404388006_620_400_crop_articles-186327.jpg\" style=\"margin-left:1em;margin-right:1em;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.sofoot.com\/IMG\/img-la-rfa-82-1404388006_620_400_crop_articles-186327.jpg\" height=\"412\" width=\"640\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><b><\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><b><\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Quelle dr\u00f4le de fa\u00e7on de se souvenir. Avant de rencontrer l\u2019Allemagne en quart de finale de Coupe du Monde, on ressasse 1982 et 1986. Pourquoi donc s\u2019acharner \u00e0 se souvenir autant ? Peut-\u00eatre pour se convaincre qu\u2019enfin, nous avons chang\u00e9.<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">La France ne serait rien sans l\u2019Allemagne. Elle ne serait qu\u2019un accident dans l\u2019histoire du Mondial, une esp\u00e8ce de Costa Rica des ann\u00e9es 80 sans autre projet que celui de se glisser parmi les grands et de leur gratter le dos pour les forcer \u00e0 se d\u00e9passer un peu. Sans l\u2019Allemagne, la France serait devenue le Chili, une sorte de pays maudit que personne n\u2019admire jamais, que personne ne soutient, mais qui de temps \u00e0 autre commet un exploit admirable. Sans l\u2019Allemagne personne n\u2019aurait jamais compris ce que c\u2019est que de passer toute une nuit \u00e0 attendre, \u00e0 souffrir, \u00e0 \u00eatre sur le point d\u2019exulter. Sans l\u2019Allemagne personne n\u2019aurait jamais compris ce que c\u2019est que d\u2019\u00eatre triste, insupportablement triste, pour un motif aussi futile et aussi grave \u00e0 la fois. Deux fois de suite la France n\u2019acc\u00e8derait pas \u00e0 la finale de la Coupe du Monde par leur faute, elle qui le m\u00e9ritait tant, elle qui avait r\u00e9veill\u00e9 l\u2019amour du ballon dans les coeurs \u00e9trangers fatigu\u00e9s de l\u2019Italie de Gentile, de l\u2019Allemagne de Rummenigge. On raconte en Catalogne que durant la Coupe du Monde 1982 (celle de l\u2019Espagne), le petit Pep Guardiola (11 ans) pleura lui aussi \u00e0 chaudes larmes quand Bossis rata son p\u00e9nalty et que la France fut \u00e9limin\u00e9e. Des ann\u00e9es plus tard il confessera que Platini \u00e9tait le plus grand, que c\u2019\u00e9tait pour lui comme un hommage \u00e0 son enfance s\u2019il avait voulu rencontr\u00e9 Agnelli pour discuter un peu et peut-\u00eatre jouer un jour \u00e0 la Juve \u00e0 son d\u00e9part du Bar\u00e7a. Il irait finalement \u00e0 Brescia, mais cette vocation de la France des ann\u00e9es Platoche tourn\u00e9e vers le jeu et le ballon laissera des traces partout dans sa m\u00e9moire. Et c\u2019\u00e9tait gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Allemagne.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les romantiques fran\u00e7ais<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019Allemagne c\u2019est la m\u00e9moire qui fr\u00e9tille \u00e0 la moindre brise historique <i>\u00abla m\u00e9moire est un cache plus qu\u2019un contenu, <\/i>\u00e9crit Pierre Nora (<i>Les lieux de m\u00e9moire<\/i>)<i>, un enjeu toujours disponible, un ensemble de strat\u00e9gies, un \u00eatre-l\u00e0 qui vaut moins par ce qu\u2019il est que parce que l\u2019on en fait\u00bb<\/i>. De ce France-Allemagne de 1982, nos cerveaux en ont fait le plus grand lieu de m\u00e9moire du football fran\u00e7ais. \u00c0 chaque rencontre contre l\u2019Allemagne, on revoit, on repense, on ressasse. On leur en veut encore de cette remont\u00e9e fantastique dans les prolongations, de ces mani\u00e8res de brutes, de ce football qui nous d\u00e9go\u00fbtait, de ce Schumacher qui brisa l\u2019un des n\u00f4tres. \u00c0 l\u2019\u00e9poque on ha\u00efssait la force. Les impacts ne nous int\u00e9ressaient pas. Nous, on aimait le ballon, on le cajolait, on le respectait. En plein mondial 82, celui des tacles et des d\u00e9fenses imp\u00e9riales, notre football \u00e9tait le plus admir\u00e9 de tous. Il y avait le Br\u00e9sil de Zico et la France de Platini. Mais ces deux \u00e9quipes avaient perdu. On les affubla alors de cet \u00e9pith\u00e8te qui, dans la bouche des ignorants, sonne comme une insulte. Nous \u00e9tions des \u00ab<i>romantiques<\/i>\u00bb disaient-ils. Le Br\u00e9sil ne s\u2019en remettra jamais et renoncera \u00e0 plaire pour toujours plut\u00f4t que de perdre \u00e0 nouveau. Comme si traiter le ballon et le public avec r\u00e9v\u00e9rence \u00e9tait une posture condamn\u00e9e d\u2019avance, qui n\u2019apporterait qu\u2019un plaisir passager, la France abandonna \u00e0 son tour ses envies de beaut\u00e9. L\u2019Allemagne dans notre m\u00e9moire, c\u2019est cette permanente all\u00e9gorie de tout ce que nous ne sommes pas et que, secr\u00e8tement, nous aimerions \u00eatre de temps en temps. \u00catre des ogres comme Littbarski, Rummenigge, Schumacher, avaler n\u2019importe quel rival, ne plus s\u2019embarrasser de vaines consid\u00e9rations esth\u00e9tiques. L\u2019Allemagne c\u2019est tout ce qu\u2019on se refusait \u00e0 \u00eatre.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les romantiques allemands<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">Mais les choses ont chang\u00e9. Le plus illustre admirateur de Platini vit d\u00e9sormais de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Rhin et entra\u00eene depuis un an le Bayern Munich et donc, la moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9quipe d\u2019Allemagne. Le s\u00e9lectionneur allemand est l\u2019un de ses fid\u00e8les et porte des chemises \u00e9l\u00e9gantes, parle de beau jeu et de combinaisons au milieu de terrain. Le projet de Joachim L\u00f6w c\u2019est d\u2019\u00eatre fier de <i>\u00abr\u00e9veiller les sentiments, faire en sorte que les gens tombent amoureux de ton jeu\u00bb<\/i>. L\u00f6w se sent plus proche de la g\u00e9n\u00e9ration de 1972 celle de Beckenbauer, Netzer, Overath, Breitner, Hoeness, M\u00fclller, celle qui aimait faire les \u00e9l\u00e9gants. Celle de nos fant\u00f4mes \u00e0 nous ne lui procura jamais aucune \u00e9motion <i>\u00abl\u2019Allemagne est arriv\u00e9e en finale en 1982 et 1986 mais sans jamais toucher les coeurs, c\u2019\u00e9tait une \u00e9vidence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u00bb<\/i>. La s\u00e9lection allemande qu\u2019il a dans ses mains ressemble \u00e0 quelque chose qu\u2019on conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 mais qu\u2019on a t\u00e2ch\u00e9 d\u2019oublier pour ne plus souffrir. Cet invraisemblable milieu de terrain remplis de taquineurs est \u00e9mouvant tant il attire le ballon et les esth\u00e8tes. Kroos, G\u00f6tze, \u00d6zil et M\u00fcller sont les nouveaux Tigana, Giresse, Genghini et Platini. Depuis 1996, l\u2019Allemagne n\u2019a rien gagn\u00e9 d\u2019autre que l\u2019admiration et le respect de ceux qui pensent que le r\u00e9sultat le plus gratifiant n\u2019est pas une coupe en laiton ou un troph\u00e9e \u00e0 accrocher \u00e0 son contrat et \u00e0 son maillot partout o\u00f9 on se d\u00e9place. La s\u00e9lection qui gagnait \u00e0 tout prix et qui poursuivait les enfants fran\u00e7ais jusque dans leurs cauchemars les plus secrets, d\u00e9cida un jour d\u2019\u00eatre aim\u00e9e. C\u2019est \u00e0 croire que l\u2019or ne fait pas toujours le bonheur.<\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Didier Deschamps mieux que Platini<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"p2\"><span class=\"s1\"><\/span><\/div>\n<p><\/p>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">En face d\u2019eux pour cette demi-finale se dresse donc une montagne de complexes et de besoins de prouver au monde que la France aussi a <i>\u00abla gagne\u00bb <\/i>dans le sang. Si elle a gagn\u00e9 en 1998 et en 2000 c\u2019est parce qu\u2019enfin, elle \u00e9tait devenue raisonnable et avait fait le choix du r\u00e9alisme. Didier Deschamps \u00e9tait le nouveau sauveur il \u00e9tait ce <i>\u00abfin tacticien\u00bb<\/i>, ce <i>\u00abtravailleur acharn\u00e9\u00bb,<\/i> ce <i>\u00abcombattant\u00bb <\/i>dont la France avait besoin. Il avait une <i>\u00abm\u00e9thode\u00bb<\/i> dont il r\u00e9v\u00e9lait quelques <i>\u00absecrets\u00bb<\/i> au moment de se d\u00e9canter pour Griezman ou Giroud. Si on voulait voir du beau jeu, nous avait-il un jour, on n\u2019avait qu\u2019\u00e0 <i>\u00aballer voir jouer les v\u00e9t\u00e9rans !\u00bb<\/i>. Et tout le monde se marrait on nous montrant du doigt. Tout le monde ricanait en nous voyant tr\u00e9bucher. Mais bon sang, avant de devenir des machines \u00e0 gagner, vous avez bien \u00e9t\u00e9 des hommes, essayez de vous en souvenir. Qu\u2019on nous dise ce que c\u2019est que de jouer l\u2019Allemagne <i>\u00aben touriste\u00bb<\/i>. Et si c\u2019\u00e9tait cela justement qui nous manquait ? Cette facult\u00e9 \u00e0 s\u2019\u00e9merveiller, \u00e0 \u00eatre pr\u00eat \u00e0 traverser le monde juste pour le plaisir d\u2019\u00eatre \u00e9mu par quelque chose d\u2019inutile ? Qu\u2019on arr\u00eate alors de pleurer en regardant S\u00e9ville si c\u2019est pour mieux se moquer ensuite du petit Valbuena (4 centim\u00e8tres de plus que Giresse) et de toutes ces \u00e9quipes si na\u00efves qui pensent qu\u2019on peut \u00eatre heureux sans gagner \u00e0 tous les coups. Pauvre Chili, pauvre Espagne, pauvre Italie, ils avaient fini par perdre, il nous l\u2019avaient bien dit. Les pragmatiques avaient fini par avoir raison. Nous au moins, nous avions battu tous nos adversaires et \u00e9tions qualifi\u00e9s pour les quarts. Nous \u00e9tions devenus l\u2019Allemagne de 82.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\"><br \/><\/span><\/div>\n<div class=\"p1\"><span class=\"s1\">http:\/\/www.sofoot.com\/l-allemagne-en-nous-186327.html<\/span><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mercredi 2 juillet 2014 Journ\u00e9e de repos France-Allemagne (Quart de finale) Quelle dr\u00f4le de fa\u00e7on de se souvenir. Avant de rencontrer l\u2019Allemagne en quart de finale de Coupe du Monde, on ressasse 1982 et 1986. Pourquoi donc s\u2019acharner \u00e0 se souvenir autant ? Peut-\u00eatre pour se convaincre qu\u2019enfin, nous avons chang\u00e9. La France ne serait &#8230; <a title=\"L\u2019Allemagne en nous\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/2014\/07\/02\/lallemagne-en-nous\/\" aria-label=\"Leer m\u00e1s sobre L\u2019Allemagne en nous\">Leer m\u00e1s<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","_vp_format_video_url":"","_vp_image_focal_point":[],"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[408,420,450,478,480,486,504,550,556,560,568,572,574,578,580,582],"class_list":["post-63","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog","tag-beckenbauer","tag-breitner","tag-deschamps","tag-giroud","tag-gotze","tag-hoeness","tag-kroos","tag-mondial-2014","tag-mulller","tag-netzer","tag-normal","tag-overath","tag-ozil","tag-peuple-de-lherbe","tag-pierre-nora","tag-platini"],"uagb_featured_image_src":{"full":false,"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false,"vp_sm":false,"vp_md":false,"vp_lg":false,"vp_xl":false,"vp_sm_popup":false,"vp_md_popup":false,"vp_xl_popup":false},"uagb_author_info":{"display_name":"Thibaud Leplat","author_link":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/author\/admin4719\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Mercredi 2 juillet 2014 Journ\u00e9e de repos France-Allemagne (Quart de finale) Quelle dr\u00f4le de fa\u00e7on de se souvenir. Avant de rencontrer l\u2019Allemagne en quart de finale de Coupe du Monde, on ressasse 1982 et 1986. Pourquoi donc s\u2019acharner \u00e0 se souvenir autant ? Peut-\u00eatre pour se convaincre qu\u2019enfin, nous avons chang\u00e9. La France ne serait&hellip;","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":923,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63\/revisions\/923"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudleplat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}